Addiction Jura
Residentiel Clos-Henri

Actuel

Parents et Ados

Etre parent, c'est enrichissant, mais ce n’est pas toujours facile. En se développant, l’enfant s’émancipe, revendique, prend son autonomie…

Pour en savoir plus visitez notre page Parents et Ados

Histoire LSTUP

La votation de 2008 a demandé un grand engagement des acteurs de terrain et de la société civile car il fallait offrir aux votants des explications claires sur un sujet complexe. Voici quelques éléments qui permettent de ce faire une idée du processus engagé.

Révision partielle de la LSTUP (Loi sur les Stupéfiants)

Les Chambres fédérales ont approuvé en mars 2008 la révision partielle de la loi sur les stupéfiants.

Après l’aboutissement du référendum contre ce projet, le peuple sera appelé à voter la révision de la loi le 30 novembre 2008.

Comme l'ont votée les chambres fédérales en mars 2008, la Fondation dépendances vous demande de voter OUI pour accepter cette révision le 30 novembre 2008.

La révision vient ancrer dans la loi le modèle des 4 piliers (répression, prévention, traitement et réduction des risques). Ce modèle a apporté ces dernières années à la Suisse les résultats suivants:


  • Une forte baisse de la criminalité

  • Une augmentation importante des personnes en traitement

  • Une diminution constante des drogues consommées par voie intraveineuse

Humanité

La drogue peut plonger certains individus dans des situations de détresse difficilement imaginables. Les proches et l’entourage s’en trouvent également fortement perturbés. Cependant, des portes de sortie existent et la majorité des personnes toxicomanes s’en sortent ! Mais il est difficile de le faire seul. La société doit faire preuve d’humanité pour les accompagner vers un avenir plus serein.
Il ne faut pas céder au fatalisme. Derrière chaque personne toxicomane, il y a un être humain qui aspire à (re)trouver une vie mieux intégrée dans la société. Grâce à l’aide apportée sur le terrain, de nombreuses personnes y réussissent !
Dans la difficile situation sociale, sanitaire et psychologique d’une dépendance forte à la drogue, les discours simplistes et moralisateurs ne fonctionnent pas. La répression seule non plus. Même dans les pays où la peine de mort existe pour la drogue, la consommation persiste (ex : Asie du Sud Est). C’est pour cela que la répression doit s’accompagner de mesures plus solidaires, qui permettent aux personnes en souffrance de retrouver une dignité.

Efficacité

La politique des 4 piliers se fixe des buts clairs et précis, comme la sécurité publique et l’abstinence. Pour y arriver, elle privilégie une démarche ouverte et transparente. Les nombreux débats politiques sur la drogue en Suisse ont poussé les pouvoirs publics à mesurer systématiquement les effets des mesures mises en place. Aujourd’hui, après 15 ans de mise en œuvre de la politique des 4 piliers, on observe les résultats suivants :
1. Réduction des coûts financiers liés à la drogue
2. Augmentation de la sécurité publique (réduction des délits)
3. Accroissement de l’efficacité des traitements
4. Amélioration de la santé publique

Grâce à cette approche scientifique du problème, la Suisse a réussi à faire changer d’avis de nombreux pays qui privilégiaient une politique simpliste d’inspiration purement moraliste. Même les grandes organisations internationales comme l’UE, l’OMS ou l’UNODC ont changé d’avis face au problème, en constatant la solidité des résultats mesurés sur le terrain.
La politique des 4 piliers est une des politiques les plus évaluées dans le monde ! Elle fait l’objet d’une surveillance constante, selon les règles très strictes de la médecine moderne.

Deux textes de soutien pendant la campagne pour la votation de la révision de la LSTUP

De recevoir la méthadone, ça m'a réveillé!
Un usager de trans-AT.

A la recherche d'héroïne, ma vie se déroulait dans la rue au milieu de ses dangers. J'étais face aux dealers et mon unique souci, celui de trouver du produit. Pour obtenir l'argent dont j'avais besoin, j'ai fait des conneries, le vol par exemple. La prison n'était pas loin et la peur de peut-être mourir dans la rue souvent présente. Dès le moment où j'ai commencé un traitement de méthadone ma vie a changé. La distance que j'ai pu prendre vis-à-vis du produit m'offre du temps pour réfléchir au sens que je veux donner à ma vie. Je peux parler de mes problèmes avec mon entourage proche et les professionnels. La discussion s'est ouverte car je n'ai plus toujours la même et unique idée en tête, celle de courir après l'héroïne. J'ai trouvé des ressources et des moyens pour aller de l'avant et m'en sortir progressivement. Je me construis une place dans la société. J'arrive à réaliser des activités qui me passionnent et pour lesquelles, auparavant, je manquais d'énergie.
Actuellement, je me sens protégé. Mon argent ne me sert plus pour acheter du produit, il me permet de me nourrir et de m'habiller. J'en suis heureux. Avec le temps, je retrouve un rythme de vie normal. J'envisage de passer mon permis de conduire.
Tous ces événements positifs me laisse envisager la possibilité de diminuer la quantité de méthadone qu'on me prescrit, dans le but de la supprimer totalement.
En quelques mots, je peux dire: "Avant j'étais mort, maintenant je revis!"

48 heures avec des « morts vivants »
Etienne Schréder, Auteur de BD, Belge et Alcoolique

Tant de gens aujourd’hui se croient vivant alors qu’ils sont morts depuis longtemps sans s’en rendre compte, pourchassant de leur haine imbécile quiconque viendrait troubler la quiétude de leur petite mort si confortable. Le drogué, l’alcoolique, qui ose insulter la société en lui renvoyant une image d’elle-même qu’elle refuse de voir ; ce pervers, ce barbare… Un malade ? Vous avez raison d’avoir peur, Monsieur Baettig. Car si l’on admettait que ce monstre amoral (sachant que votre moralité est la seule valable) pouvait être soigné, qu’adviendrait-il de vous et vos certitudes face à des « morts vivants » ressuscités à la vie ?

Mort vivant moi-même, selon vos critères, je viens de passer deux journées auprès de mes frères du Jura, invité par une de ces associations que vous clouez au pilori. Et j’ai soudain compris, moi le Belge réputé lent d’esprit, que la Suisse n’était pas seulement le paradis du chocolat et des retraites dorées. Qu’en Suisse, des thérapeutes qualifiés, des spécialistes intelligents, prodiguaient leurs soins et leur attention à d’autres patients que les fils du pétrole arabe ou les vedettes du show business. Evidemment, Monsieur Baettig, je conçois fort bien que la démarche de ces médecins, sociologues ou psychologues courageux puisse vous effrayer, tant est précieuse votre vision d’une Suisse propre débarrassée de ses rejetons les plus honteux. Mais en leur refusant des moyens d’action qui ont fait leur preuve, en d’autres lieux, vous ne pratiquez rien d’autre qu’une politique d’exclusion, qui elle aussi a fait ses preuves, en d’autres temps et en d’autres lieux.

Personnalités jurassiennes ayant soutenu la révision de la LSTUP en 2008

Argumentaire Cannabis

En même temps que la révision de la loi LSTUP il y avait une votation sur une initiative cannabis provenant des intervenants en addiction suisses. L’initiative était d’avantage soutenue en suisse alémanique mais le jura était un des cantons romands avec Genève qui soutenait ce texte. Voici l’argumentaire proposé par les initiant que nous avons relayé dans le Jura.

Pour une politique raisonnable en matière de chanvre et protégeant la jeunesse

"Avec cette initiative la loi et la société transmettent un message clair aux jeunes :

  • la consommation de cannabis peut être dangereuse pour la santé.
  • Elle est totalement interdite pour les mineurs.
  • Cependant, pour les adultes, le choix de la consommation relève d’une décision personnelle et responsable d’adultes."

La Fondation dépendances vous demande de voter OUI à l'initiative le 30 novembre prochain.

Texte de l'initiative

L'initiative populaire a la teneur suivante:

La Constitution fédérale est modifiée comme suit:

Art. 105a (nouveau) Chanvre
Consommer des substances psychoactives du chanvre, en posséder ou en acquérir pour son propre usage n'est pas punissable.

  1. Cultiver du chanvre psychoactif pour son propre usage n'est pas punissable.
  2. La Confédération édicte des prescriptions concernant la culture, la production, l'importation, l'exportation et le commerce des substances psychoactives du chanvre.
  3. Elle prend des mesures appropriées afin qu'il soit tenu compte de la protection de la jeunesse.
  4. La publicité pour les substances psychoactives du chanvre ou pour l'emploi de telles substances est interdite.

Etat 13 octobre 2008

Argumentaire Cannabis

Les méfaits de la prohibition

L'essentiel des arguments développés par les personnes qui refusent cette initiative concerne la consommation à un âge toujours plus précoce dans la jeunesse et l'augmentation du taux de THC (tétra-hydro-cannabinol, il s'agit de la substance active du Cannabis) toujours plus fréquente.

"Rappelons-nous que pendant la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis il y avait souvent des décès dûs à une trop grande concentration d'alcool dans les produits illégaux du marché noir d'alors !

Pour pouvoir réglementer une substance celle-ci doit être légale.

Propositions concrètes pour une mise en application

En cas d'acceptation de l'initiative les décisions légales concrètes devront être prises par le parlement. Voici tout de même quelques propositions concrètes, fondées scientifiquement, pour se faire une idée raisonnable du sujet.

Consommation

  • La consommation n’est plus punissable à partir de l’âge de 18 ans.
  • La consommation est interdite là où le tabac est interdit.
  • Les communes gardent la possibilité de prononcer des interdictions de consommation localisées.

Commerce

  • La Confédération, les cantons et les communes définissent les conditions de vente du cannabis.
  • Le cannabis ne peut être vendu qu’en quantité limitée (consommation personnelle) à des adultes résidents en Suisse (par exemple : contrôle de la quantité à l’aide d’une carte à puces). Le Parlement définit les limites de vente.
  • La protection de la jeunesse doit absolument être assurée et le contrôle d’identité est essentiel. La remise de cannabis à des mineurs est punissable.
  • L’origine, la qualité, les semences et le taux de THC doivent figurer sur les produits mis en vente.

Culture

  • La culture à des fins personnelles n’est pas punissable. La distribution et la vente restent interdites.
  • La production à plus grande échelle est soumise à une déclaration et à des exigences prédéterminées (label de qualité). Les semences, la quantité, les acheteurs et la quantité maximale de production doivent être établies.
  • Des lignes de conduite définissent l’usage des pesticides. 
Le législateur peut définir le taux maximal de THC.

Protection de la jeunesse

Le message est clair : la consommation de cannabis est punissable en dessous de l’âge de 18 ans.

  • Comme pour l’ensemble les dispositions de protection de la jeunesse, les commerçants sont poursuivis pénalement et les jeunes sont soumis en premier lieu à une mesure disciplinaire.
  • Lorsque des jeunes consomment du cannabis, les parents, les éducateurs et les enseignants peuvent, en tout temps et gratuitement, s’adresser à un service de consultation.

Un meilleur contrôle

  • L’acceptation de l’initiative permet de passer d’un marché incontrôlable et illégal à une régulation strictement limitée sur le plan légal. L’autorisation de produire et de commercialiser le cannabis est soumise à des conditions exigeantes.

(D'après site technoplus)

L'initiative "Pour une politique raisonnable en matière de chanvre et protégeant la jeunesse" a finalement été refusée en votation populaire.

Citation du Mois : 
"Il faut toujours viser la lune car en cas d'échec on atterrit dans les étoiles."
 Oscar Wilde